Le voila enfin ce beau mois de juin,
Sans un nuage à l'horizon,
Qu'il fait bon se tenir la main,
Et s'allonger sur le gazon,
De tous les bipèdes et même aussi des fleurs,
La plus belle des œuvres du Seigneur,
C'est l'être humain avec son grand cœur,
Plein d'amour, de rire et d'ardeur,
Viens un peu par là, toi,
Avec tes deux beaux yeux bleues,
Je veux te serrer dedans mes bras,
Et te dire touts les mots bleus,
Viens me lécher les oreilles,
Pendant que je te suce l'orteil,
Etendu dans les herbes vertes,
Ne pensons plus à la planète,
Je n'ai même pas de crampe,
Grâce à mes dix ans de yoga,
Eteignons un peu la lampe,
Que je t'embrasse un peu plus bas,
Roulons nous dans la luxure,
Sur la banquette arrière de ma voiture,
Le dernier modèle décapotable,
Avec ABS, jantes allu et airbag,
Roulons mon lapin,
Sur l'autoroute du désir,
Je vais te faire le plein,
A la station de ton plaisir,
Et à l'aire de repos,
Sur la table de pique-nique,
Nous mangerons cet Osso-buco,
Que je trouve orgasmique,
Nous nous ébattrons encore et toujours,
Avant de reprendre cette route de l'amour,
Que nous foulons depuis toujours,
Dans l'espoir de trouver la sortie un jour,
Et les anges chantent encore,
Tandis que le ciel rougeoie,
Assis dans les nuages dorés,
Un sorte d'hymne à la joie,
Et nous disparaîtrons à la nuit tombée,
Rêvant encore sous les réverbères,
A cette échappée de toute beauté,
Qui nous servira d'écharpe les soirs d'hiver,
Laissant derrière nous notre passion,
Et un bouquet de gerbe sur le bord de la route,
Qui fleure bon la décomposition,
La faute au sandwich pourri du restau sans doute,
En plus il était hors de prix,
Non mais dans quel monde on vit ?
Si j'avais su je l'aurai acheté chez Itokoroute,
Là bas ils font tous les jours des casse-croûtes,
C'est bon et pas cher et y'a du choix,
Moi j'aime bien celui au concombre et aux noix,
En plus avec t'as offert Caravane Magasine,
Printemps-été quatre vingt dix sept,
C'est le plus chouette,
J'm'en rappelle j'le matais avec ma cousine,
Et j'l'avais même pas dans ma collec',
Sérieux sans déc',
C'était le seul qui m'manquait,
En plus j'ai acheté des mini Toblerone et une peluche et j'ai hésité sur une tirelire chaton trop belle mais j'en ai déjà deux, trois chez moi alors j'me suis dis je commence une collection mais c'est vrai que j'ai plus trop de place, déjà avec les santons, les boules à neiges et tout, alors juste c'que j'ai fais avec les points que j'ai sur ma carte quand je prend de l'essence, j'ai pris la serviette de plage Gaston Lagaffe mais maintenant je regrette, j'aurais du prendre le bob Boule et Bill, c'est vrai que j'aime bien la bande dessiné et…
…
Euh…
Quand la courbe de tes yeux effleure le dos de mon pied,
Mon cœur s'emballe, euh, cent euros,
Tes cheveux jaunes et secs comme les blés,
Me foudroient de bonheur façon sirocco
(nan c'est le vent du désert, celui qui est chaud),
Bref, le voila enfin ce beau mois de juin,
Au son de cet hymne à la juin.
Poème tiré du recueil "Le vers est dans la pomme", Anonyme (auteur inconnu), Itokoédition, brumaire de l'An Quatre (ça devait être en juin…)
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